- Permis de construire :
- Le juge des référés présume que le voisin justifie de l’urgence car la
construction commencée d’un bâtiment présente un caractère difficilement
réversible :
- C.E. 27 juillet 2001, commune de Tulles, n°230231
- C.E. 28 décembre 2001, commune de Bézier, n°237137
- C.E. 22 août 2002, M. et Mme X., n°246554
- C.E. 14 mars 2003, association Air Pur Environnement, n°251335
- C.E. 15 juin 2007, M. A..., n°300208
Cette présomption peut être renversée par l'administration défenderesse ou par le bénéficiaire du permis litigieux :
- C.E. 20 avril 2005, ville de Lille, n°278186,278187
Il faut alors argumenter de façon précise et convaincante, sinon le juge ne renverse pas la présomption :
- C.E. avril 2006, commune de Vauvert, n°283137
Cette présomption est particulièrement admise pour les PC autorisant l'implantation d'éoliennes, eu égard, non seulement au caractère difficilement réversible de la construction de leurs supports, mais aussi aux caractéristiques particulières d'installation des éoliennes et de leur impact sur l'environnement :
- C.E. 30 mars 2004, société Ploudalmezeau Breiz Avel, n°259001
- C.E. 15 avril 2005, association des citoyens et contribuables de la communauté de communes Saane-et-Vienne (ACSV) et autres, n°273398
Mais l’urgence cède devant l’achèvement ou la quasi achèvement des travaux :
- C.E. 26 juin 2002, M.B..., n°240487
- C.E. 7 novembre 2005, Mme T... et autres, n°279077
Elle céde même lorsque le permis de construire a été obtenu par fraude :
- C.E. 29 décembre 2004, M. et Mme D…, n°266415
ou qu'il n'a été délivré que dans le but de faire échec à une décision de justice :
- C.E. 29 décembre 2004, commune de Vidauban, n°266234
- Retrait du permis de construire :
- L’urgence n’est pas présumée en cas de refus de PC.
Il appartient au requérant de faire état de circonstance particulière justifiant de l'urgence :
- C.E. 30 juillet 2003, ministre de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer, n°255368
L'urgence à suspendre une décision de retrait de permis de construire peut résulter, par exemple :
- de la considération que l'exécution immédiate du retrait entraîne un préjudice économique important
pour le requérant, combinée à l'absence d'atteinte grave à un intérêt public ou à l'intérêt d'un tiers
résulant de "l'exécution de la décision de retrait" alors même que l'exécution des travaux créerait une situation
difficilement réversible :
- C.E. 14 octobre 2002 ,sàrl Détroit, n°246583
- de la circonstance que les travaux sont en cours et que les logements correspondants sont
soit déjà vendus, soit réservés par de futurs acquéreurs, même si le constructeur aurait commis une imprudence en concluant de tels contrats aavnt que son permis soit devenu définitif :
- C.E. 25 octobre 2004, SCI Modicom Immo, n°265642
L'urgence perdure dans ce cas lorsque les travaux ne représentent qu'une partie mineure de l'ensemble des programmes :
- C.E. 23 avril 2003, société Bouygues Immobilier, n°249712
- Il y a urgence à statuer sur une demande de suspension d’un retrait de permis de construire lorsque les travaux initialement autorisés avaient pour objet la sécurité de l’immeuble et que le requérant fait état de manière probante de la poursuite et de l’aggravation de la dégradation de cet immeuble :
- C.E 10 décembre 2004, syndicat des copropriétaires du Lac Enchanté, n°269171
- Sursis à statuer
- L’urgence s’apprécie compte tenu de l'incidence immédiate du sursis à statuer sur la situation concrète de l'intéressé :
Par exemple parce que le sursis à statuer sur la demande de permis de construire est susceptible, eu égard à sa nature et à la date de son édiction, d’entraîner la levée d’une promesse de vente consentie sous la condition suspensive de la délivrance avant cette date d’une autorisation de construire :
- C.E. 23 janvier 2004, commune de Meyreuil, n° 257779
- Transfert de permis de construire
- L'exécution de l'arrêté transférant un permis est de nature à préjudicier aux intérêts du premier bénéficiaire car cet arrêté autorise
le nouveau titulaire à utiliser les droits attachés aux plans annexés à la demande de permis présentée par
le premier bénéficiaire, lequel reste par ailleurs solidairement tenu au paiement de la taxe locale d'équipement ; le juge des référés
reconnaît donc l’urgence (au cas d’espèce, des contentieux judiciaires visant à déterminer les droits respectifs des
deux sociétés à construire sur le terrain étaient en outre pendant à la date de la décision du juge des référés):
- C.E. 26 février, 2003, société les belles demeures du Cap Ferrat, n° 249264
- Décisions qui ont pour effet l’interruption d’un chantier :
- Ces décisions peuvent faire l’objet d’un référé suspension. Il en est ainsi, par exemple, de :
- La déclaration de caducité d’un permis de construire (R.421-32 code de l’urbanisme.) Le juge pour admettre l’urgence cumule l’appréciation des conséquences économiques de l’interruption du chantier qui en découle pour le constructeur et des risques encourus, le cas échéant, par les bâtiments situés sur et à proximité du terrain concerné :
- C.E. 28 avril 2004, SAIC la Gauloise, n°263806
- des arrêtés de mise en demeure de cesser les travaux de construction : l’urgence est admise lorsque les travaux autorisés par des permis de construire sont en cours, alors que plusieurs logements sont réservés par de futurs acquéreurs et qu'un acquéreur a demandé la résolution de la vente de l'un de ces logements :
- C.E. 15 mars 2004, M. Olivier D… et autres, n°259853
- un retrait de permis de construire : cf.ci-dessus
Documents d'urbanisme
Le Conseil d'Etat refuse de présumer que l’exécution d’une décision portant approbation d’un document d’urbanisme crée une situation d’urgence. Il appartient donc au requérant de faire état de circonstances propres à justifier qu'il se trouve dans une situation d'urgence.
- POS ou PLU
- Le propriétaire justifie l’urgence à suspendre la délibération d’un conseil municipal approuvant la révision
d’un POS et déclassant ses parcelles la société qui présente les éléments montrant l'ancienneté
de ses projets de construction sur la parcelle en cause, acquise à cet effet et pour laquelle elle a obtenu un premier permis de construire
contesté, et qui invoque le caractère grave et immédiat de l'atteinte portée à ses intérêts par un changement
de classement de la parcelle qui rend impossible le projet de construction :
- C.E. 10 janvier 2003, société civile immobilière Rotanna, n°248458 ; concl.in BJDU, 1/2003, p.19
- Le juge peut alors faire la balance entre intérêt privé et l'intérêt public qui s'attache à l'exécution immédiate de la délibération attaquée :
- C.E. 5 novembre 2001, Commune du Cannet-des-Maures, n°234396(mise en conformité d’un POS avec un PIG)
- C.E. 30 mai 2007, commune de Correns, n°298365
- Une association de défense de l’environnement ne démontre pas l’urgence à suspendre la délibération approuvant un document d’urbanisme (par ex. un PLU) en invoquant que, compte tenu des autorisations qu’il permet de délivrer, il en résulterait des atteintes graves aux espaces naturels et agricoles ou des menaces sur la sécurité des personnes :
- C.E. 5 novembre 2004, association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais, n°29
Toutefois elle peut convaincre le juge de l’urgence en lui apportant tous éléments de nature à en établir la gravité et l’immédiateté :
- C.E. 11 janvier 2006, association "défense du site caussolois", n°282217
Autres types d'actes
- Préemption (exercice du droit de ...)
- Cf. la page présentant l'urgence à suspendre une décision de préempter.
- Urbanisme commercial ; refus d’autorisation d’exploitation d’une grande surface (mentionné ici bien qu'il ne s'agisse point du contentieux de
l'urbanisme) :
- L’urgence est reconnue alors qu’une grande surface fonctionne
illégalement de longue date, le refus d’autorisation rendant les poursuites plus probables et eu égard à leurs conséquences :
- C.E. 1° juillet 2002, sàrl Centre de jardinage Castelli Nice, n°247625.
Cette page est proposée par l'ac@démie de gymnopédie juridique.