Les aphorismes de Jim Nopedy


Une action en justice s'éteint comme un incendie : en noyant la cause.

Le Conseil d'Etat est comme une centrale nucléaire : l'important c'est l'arrêt.

Les jugements ont toujours un motif jamais de décoratif.

Un procès ayant toujours une cause son avocat se montre fin causeur.

Je consulte la jurisprudence avec la sérénité d’une rose qui sait les jardiniers mortels.

Le droit et la jurisprudence sont unis par un mariage d'amour qui ne manque pas de jugement.

Lorsque le juge laisse la jurisprudence se substituer à son intelligence et à sa raison il n'y trouve que le reflet de son impuissance.

Un revirement de jurisprudence rend l'impossible probable.

L'ordonnance du collègue est annulée en appel. L'arrêt ne sera pas publié, mais ça fait quand même plaisir.

La vapeur, comme la jurisprudence, doit être produite avant d'être renversée.

Une jurisprudence qui fait tache est renversée ; un verre de vin ne fait tache qu'après avoir été renversé.

Sur sa charge de travail : quatre vingt pour cent des affaires à son rapport est jugé en formation collégiale, l'autre moitié ressorti du juge unique.

Distinguer l'EMA commise par l'administration (laquelle est censurée par le Conseil d'Etat) de l'EMA commise par le Conseil d'Etat dans les nominations au grade de président.

Quelques juges usent de la jurisprudence comme un ivrogne d'un révèrbère, pour s'appuyer et non pour s'éclairer, alors que, bien souvent, la jurisprudence ne mérite que le respect que les toutous accordent à ce même révérbère.

Fureter aux pages du Recueil "comme un vers aveugle dans le bois."
Note du claviste : Jim se laisse ici inspirer par un poême de Tal Coat.

L’a attrapé un lumbago ; voulu soulever un moyen d’ordre public ; trop lourd pour lui !

Ne crois pas que tu puisses arracher une feuille au laurier de la jurisprudence sans le payer de ta carrière.
Note du claviste : Jim propose ici une traduction très personnelle d’une phrase de Thomas Mann in Tonio Kröger.

Traversant la salle des pas perdus un avocat embrasse une juge, puis, une vice-présidente. A-t-il cru embrasser la carrière ?

Faire une présentation de lapereau, c'est dur.

Dialogue :

René Char : Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves.
Le juge : Actori incumbit probatio.
René Char : A chaque effondrement des preuves le poète répond par une salve d'avenir.

Le Conseil d’Etat infirme l’ordonnance annulant un arrêté préfectoral prononçant une mesure de reconduite à la frontière d’un étranger en situation irrégulière au motif qu’elle est entachée d’une erreur de droit. Soit, mais le juge de la reconduite n’a pas commis d’erreur contre l’humanité.

Son cabinet est maintenant doté de fauteuils neufs. Par suite, ses catilinaires fustigeant la pingrerie ordinaire des gestionnaires ont cessé ; l’on sait donc où siège sa conscience.

La livraison datée du 18 octobre 2007 du journal Le Monde rend compte de la métaphore du président de la République comparant les magistrats à des petits pois ; à croire la photo illustrant l’article : à la Cour les pois sont rouges.


                   

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